
Danser la vie. Dans sa dernière création subjuguante, Rachid Ouramdane, directeur de Chaillot, Théâtre national de la danse, co-chorégraphe de la cérémonie d'ouverture des JO Paris 2024, mêle corps à corps et envols pour aborder la vie qui passe. Sur un plateau sculpté par la lumière et nappé de project ions d’images, les dix acrobates-danseurs entremêlent leurs langages chorégraphiques. En duo ou ballet, les pyramides humaines et voltiges s’enchaînent vertigineusement. La performance physique se jauge à la fragilité des corps. Nous retenons alors notre souffle comme en apesanteur, dans une chorégraphie au service d’une émotion qui apaise et rend heureux.
Chorégraphie Rachid Ouramdane musique Jean-Baptiste Julien lumières Stéphane Graillot scénographie Sylvain Giraudeau vidéo Jean-Camille Goimard costumes Siegrid Petit-Imbert Avec 10 interprètes de la Compagnie de Chaillot Joaquín Bravo, Zélie Cuzon, Lorenzo Dasse, Clotaire Fouchereau, Löric Fouchereau, Peter Freeman, Emma Lois, Maria Celeste Mendozi, Mayalen Otondo, Lucas Tissot, Owen Winship
Production Chaillot – Théâtre national de la Danse Avec le soutien de Dance Reflections by Van Cleef & Arpels
Coproduction Bonlieu-Scène Nationale d’Annecy | Maison de la danse, Lyon – Pôle européen de création| National Theater & Concert Hall Taipei (TW) | Théâtre de Caen|; MC2: Maison de la Culture de Grenoble, Scène nationale
Après des spectacles d’inspiration sociétale (Loin, Des Témoins ordinaires, Sfumato, Franchir la nuit), fondés sur l’intime (TORDRE, Corps extrêmes, Outsider) ou d’autres pour des environnements monumentaux (Möbius Morphosis avec la Compagnie XY donné en juillet 2024 au Panthéon), Rachid Ouramdane tient à revenir à l’étude du geste dans un nouvel opus qui mêle corps à corps et envols.
Pour cette nouvelle création, le chorégraphe entend met à l’honneur ce qui nourrit l’imaginaire du mouvement, pour-suivant sa recherche autour du geste aérien. À ses côtés, dix interprètes de la Compagnie de Chaillot dont les styles et techniques varient. « Il faut des gens qui ont des parcours un peu hybrides, c’est-à-dire qui sont aussi bien à l’aise dans les airs qu’au sol, toutes ces façons de danser, de bouger, de se projeter, qu’elles soient partagées », résume le chorégraphe.
Ainsi, onze interprètes hétéroclites, à la gestuelle fine, sont réunis afin d’associer et d’entremêler leur langage et d’en faire naître un nouveau, à la croisée des chemins de l’aérien et de la danse.
Sur un plateau nu, tantôt sculpté par la lumière, tantôt laissant apparaitre des images projetées dans une brume, Rachid Ouramdane évoque l’enfance et le vieillissement. Au travers d’éléments qui marquent le temps qui passe autant que l’absence, il imagine « comment on continue d’avancer, habité par d’autres personnes que l’on n’a plus autour de soi, ces fantômes (…) qui nous accompagnent. »
Directeur de Chaillot – Théâtre national de la Danse depuis 2021, Rachid Ouramdane découvre la danse à l’âge de douze ans grâce au hip-hop avant de suivre des cours intensifs de danse classique et moderne. Au début des années 1990, il abandonne ses études en biologie pour intégrer le Centre national de danse contemporaine d’Angers. À la fois interprète et chorégraphe, il travaille notam-ment avec Meg Stuart, Odile Duboc, Hervé Robbe, Alain Buffard, Christian Rizzo, Julie Nioche ou encore Emmanuelle Huynh. Les créations de Rachid Ouramdane sont souvent marquées du sceau du témoignage et de l’expérience intime (enfants réfugiés, vic-times de tortures ou de catastrophes naturelles, sportifs ama-teurs…) à partir desquels il tisse une chorégraphie structurée.
Les spectateurs de Chaillot ont pu découvrir sa pièce Franchir la nuit sur le thème de l’exil et de la migration, coproduite et présentée avec le Théâtre de la Ville en 2018. Et, plus récemment, Corps extrêmes en juin 2022. Tant pour ses propres créations que pour des travaux de commande ou des ateliers de pratique, Rachid Ouramdane a tissé de proches collaborations artistiques à la fois avec des circassiens (Compagnie XY), des auteurs (Pascal Rambert, Sonia Chiambretto), des plasticiens (Nicolas Floch’, Mehdi Meddaci), ou encore des musiciens (Jean-Baptiste Julien et Alexandre Meyer).